DINAN

Fenêtre et sculptures en bois, maison de DinanVue large de la place des Cordeliers à Dinan. Maisons à colombages et foule de visiteurs !Bannières colorées sur maisons à pans de bois dans Dinan

Histoire de Dinan

Des origines au XIIe siècle

L'origine du nom de Dinan remonte à la nuit des temps... On peut penser que ce nom provient de la contraction de deux mots celtes «Dunos» et «Ahna» : Dinan serait alors la colline d'Ahna, la protectrice des vivants et la gardienne des morts, Déesse très honorée dans toute l'Armorique.

On retrouve le nom d'Anne à chaque entrée de la ville : quartier Sainte-Anne, rue Anne, le Saut-à-l'Ane..., et l'on comprend aussi pourquoi on retrouve en Bretagne et même en France d'autres lieux portant ce nom de Dinan, ou seulement la racine «din» ou «dun», comme Dinard, Loudun, Lugdunum...

Au IXe siècle, des moines décident de s'installer au pied d'une colline au bord de la Rance, le long d'une ancienne voie romaine et proche d'un ancien «castrum». A la même époque, sur une colline plus en aval, d'autres seigneurs dressent une forteresse de bois pour protéger des saxons, puis des normands, un autre bourg au point de croisement de la voie navigable Nord-Sud (la Rance) et de la voie terrestre Est-Ouest (la nouvelle route Caen-Brest).

Dès le XIe siècle, un prieuré bénédictin s'y crée et la bourgade se développe : Dinan est née.

Au XIIe siècle, Idrisi, géographe arabe de la cour du Roi normand Roger II de Sicile, nous apprend que la cité, centre d'un important négoce, est entourée de murs construits sans doute après le passage des guerriers de Guillaume de Normandie et qui incendièrent les clôtures de bois de la Motte Castrale (1065). Cet épisode nous est conté par la célèbre «Broderie de Bayeux». Les croisades mobilisèrent les seigneurs de Dinan et l'un d'eux, Rivallon le Roux, guerroyant en Palestine, fait voeu au milieu d'un grand danger de construire une église à Dinan s'il revient sauf au pays.

Vers 1120 commence la construction de l'église romane dédiée au Saint Sauveur.

En 1283, sous Jean Ier, Dinan devient ville ducale et construit ses premiers remparts sur le plateau. Les ducs de Bretagne perfectionneront sans cesse les fortifications (3 km) pour finalement l'adapter à l'emploi des canons.

Les façades à colombages en haut du JerzualPhoto des plus belles maisons de la rue du Petit FortLe début de la rue du petit Fort

Du XIIIe au XVe siècle

Au XIVe siècle, pendant les 23 années de la guerre de Succession de Bretagne (1341-1364), Dinan et ses remparts prouveront leur valeur et en 1357, la ville défendue par les troupes de Bertrand Duguesclin, résistera à l'armée anglaise.

C'est au cours de ce siège que Duguesclin battra en combat singulier Thomas de Cantorbery sur l'actuelle place du Champ-Clos. Sa victoire réalisait la prédiction de Thiphaine Raguenel qui sera l'épouse du futur connétable de France. Le transept nord de l'église Saint-Sauveur de Dinan conserve son coeur.

En 1364, après plusieurs assauts, le comte de Monfort (Jean IV) se fait ouvrir les portes de la ville. Plus tard, il fit construire le donjon composé de deux tours rondes jumelées et coiffées d'une couronne de machicoulis.

En 1488, le duc François II est battu à Saint-Aubin-du-Cormier, les troupes françaises occupent Dinan.

La Bretagne, par les mariages successifs de sa Duchesse Anne avec le roi de France Charles VIII en 1491 et le roi Louis XII en 1499, puis par la signature de «l'Acte d'Union» en 1532, scellera définitivement son sort à celui de la France.

Pour Dinan continue alors une période de prospérité commencée en 1364 (fin de la guerre de Succession). Une nouvelle église, dédiée à saint-Malo, commence à s'élever intra-muros en 1490. Le port est très fréquenté ; artisans et commerçants s'installent dans le dédale des ruelles où s'alignent en un élégant désordre les maisons à pans de bois en encorbellement ou à piliers.

Photo panoramique du port de DinanVue du port de plaisance de Dinan

Du XVIe au XIXe siècle

Au XVIe siècle : En 1598, Dinan renie le duc de Mercoeur, ligueur rebelle à son roi, et se rallie aux troupes d'Henri IV. Cette date marque le déclin de la forteresse devenue inutile et le début d'un long mépris pour ces fortifications.

On restaure le couvent des Cordeliers (fondé en 1241) et celui des Dominicains (fondé en 1224).

En 1665, les Dominicaines viennent occuper leur couvent derrière les remparts Est.

De 1628 à 1662, le couvent des Bénédictines est construit. Il deviendra plus tard le collège où étudieront Chateaubriand, Surcouf, Broussais, Pavie et tant d'autres. Dinan suit alors l'évolution des villes moyennes.

A partir de 1765, deux tombereaux passent deux fois par semaine pour dégager les rues des immondices.

Au cours du XVIIIe siècle, la riche bourgeoisie dinannaise fait construire de luxueux et beaux hôtels particuliers : rue de la Poissonnerie, de la Lainerie, Grand'rue, Place du Champs, etc.

Dès l'an II (1794) de la République, les animaux (cochons, chèvres, poules, oies et canards) sont interdits dans les rues.

En l'an VIII (1800)
, un arrêté du Maire menace de sanctions les habitants qui jetteront par la fenêtre «eaux, urine et toutes matières fétides».

Commencée en 1846, l'installation de l'éclairage au gaz est terminée le 18 janvier 1870.

En 1852, un élégant viaduc enjambe la Rance mais détourne le trafic du centre de la vieille ville, tandis qu'en 1879 la première gare de Dinan crée un pôle d'attraction en dehors des murs.

En février 1907, un incendie ravage les maisons «à porches» du XVIe siècle, place des Cordeliers.

La mort de ses nombreux enfants au cours de la Grande Guerre, la perte de ses fils sur tous les champs de bataille du globe au cours de la Seconde Guerre mondiale, les bombardements d'août 1944 n'ont pas entamé la volonté de Dinan d'assurer son avenir dans le respect de son brillant passé.

Des dizaines de milliers de visiteurs viennent et reviennent chaque année dans la cité, par la route, le rail et la Rance. Ils peuvent rêver longuement sur les remparts, visiter le château-musée, flâner dans les ruelles restaurées, admirer les églises, le beffroi, les anciens couvents, se reposer dans les jardins ombragés et fleuris, fureter dans les 70 000 volumes de la bibliothèque municipale, déguster une spécialité ou savourer la cuisine d'un grand chef...

Vue panoramique de la place du Champ Clos à DinanLa promenade des fossés à Dinan

De nos jours

Accrochée à flanc de coteau, perchée à 75 m au dessus de la Rance, Dinan peut s'enorgueillir d'un des plus riches patrimoines architecturaux de Bretagne et dresse fièrement sa couronne de remparts de 2 700 m, avec ses 14 tours de défense ou de guet, ses 4 portes monumentales et un énorme Donjon construit pour le Duc Jean IV.

Avec ses rues anciennes bordées de maisons à pans de bois aux pignons aigus, aux étages à encorbellement, aux porches de bois, témoignages des XVè et XVIè siècles, ses hôtels Renaissance, ses hautes demeures du siècle des Lumières, ses églises Romane et Gothiques, ses anciens couvents, ses chapelles et ses nombreuses boutiques, la ville de Dinan a gardé son charme d'antan.

La cité est une de ces villes dont l'image se fixe pour toujours dans les mémoires.

Chargée d'histoire, elle a été tant de fois convoitée en des siècles troublés, mais a su décourager bien des assauts.

Dinan la Médiévale est une véritable machine à remonter le temps qui invite à mettre nos pas dans ceux de Bertrand du Guesclin, de la Duchesse Anne, de Chateaubriand ou d'Auguste Pavie.

Dinan séduira ceux qui sauront s'y perdre... à pied !